Religion in Dialogue
    Ph.D. in Frankfurt
   

La chaire de la Fondation Martin Buber consacrée à la philosophie juive de la religion

Financée par l'Eglise protestante de Hesse-Nassau, ainsi que par l'université de Francfort, cette chaire offre aux diplômés de l'enseignement supérieur l'occasion d'explorer les aspects philosophiques du judaïsme d'hier et d'aujourd'hui.

Pendant le semestre d'hiver 2001/2002, le titulaire de la chaire, le professeur Yossef Schwartz, a organisé un symposium en coopération avec l'Institut de philosophie de la religion (IFR) sur ce thème : L'apologétique religieuse et les arguments philosophiques.

Parmi les autres temps forts, on citera une série de conférences publiques sur La crise spirituelle au 13e siècle, un séminaire sur Jésus et Saint Paul dans la littérature juive ainsi qu'un autre intitulé Idéalisme, religion et modernité : la controverse autour du panthéisme.

La chaire conduit également un projet intitulé « Interculturalité ». En ce début du troisième millénaire, cette thématique ne constitue pas seulement un simple problème général de dialogue entre les civilisations, mais davantage encore un véritable défi pour l'Etat moderne. Dans la mesure où les frontières conventionnelles et les traditions tendent à disparaître, l'interculturalité devient un sujet toujours plus pressant - et notamment dans les pays caractérisés par l'immigration. Ce processus, à la fois conscient et inconscient, apparaît de façon manifeste dans l'émergence d'un nouveau langage religieux. Celui-ci reflète des mutations dans les vieux paradigmes religieux et revendique un nouveau paradigme qui tient compte des concepts historiques contemporains. Des notions telles que l'État et l'Église, la tolérance et le pluralisme, la sphère publique et la société civile, ce sont quelques-uns des grands thèmes d'un discours qui inclut à la fois la philosophie de la religion et le champ socio-politique. Par conséquent, ce discours est interdisciplinaire : sa forme et son contenu puisent dans des sources théologiques et religieuses ainsi que philosophiques et historiques. L'apologétique religieuse et les arguments philosophiques sont ainsi étroitement liées.

Par « apologétique religieuse », nous entendons une réflexion sur soi au sens le plus large du terme, à savoir comment la culture se définit, s'exprime et s'idéalise. Un processus de définition culturelle de ce type intervient notamment en distinguant le moi de « l'autre », ce dernier pouvant être un membre d'une communauté religieuse distincte, un chercheur d'une discipline concurrente ou un militant d'une autre tendance politique. La portée de ces différents « autres » dans le processus d'auto-définition culturelle et les différentes formes apologétiques susceptibles d'être générées ont figuré au coeur d'un débat animé lors du symposium international susmentionné.